Introduction
On pourrait croire que se payer dépend uniquement du chiffre d’affaires. En réalité, cela dépend surtout de la forme juridique choisie.
Pourtant, dans la pratique, beaucoup piochent dans leur entreprise sans y réfléchir.
1. Le vrai point de départ : arrêter de penser “revenu”, commencer à penser “structure”
Ce qui compte, ce n’est pas combien l’activité génère, mais comment ce revenu nous parvient.
- En RI → le bénéfice = revenu
- En Sàrl / SA → on choisit entre salaire et dividendes
La pire erreur, c’est de garder une structure par habitude. Des indépendants peuvent payer plus d’impôts qu’une Sàrl… simplement parce qu’ils n’ont jamais recalibré.
2. RI / SNC : simplicité… mais piège fiscal classique
Ce qui marche bien
- Tout est simple : on se sert librement dans bénéfice
- Pas de distinction salaire/dividende
- LPP facultative (mais fortement conseillée)
Mais… le piège
L’ensemble bénéfice réalisé correspond au revenu imposable, qu’il soit retiré ou non.
Sachant que l’imposition d’une RI suit un barème progressif, à partir d’un certain niveau (souvent entre 80k et 120k de bénéfice), on voit très clairement que la RI commence à coûter cher. Mais beaucoup continuent ‘par confort’.
Par prudence, basé sur un bénéfice de 100k, la RI devrait laisser une réserve pour :
- Impôt et TVA, ~30%
- AVS, ~12%
- Investissements futurs
Idéalement :
Il faudrait mettre de côté environ 50% du bénéfice par prudence
Sàrl / SA : les ajustements commencent
Avec une Sàrl/SA, la rémunération ne découle pas automatiquement du bénéfice :
On crée son propre système de rémunération
Il y a 2 leviers principaux :
- Salaire
- Dividendes
On construit activement sa stratégie entre salaire et dividendes.
Le salaire présente plusieurs avantages :
- Déductible pour la société
- Permet de cotiser aux assurances sociales
- Garantit une certaine stabilité (notamment vis-à-vis des banques)
- Possible : bonus soumis à l’AVS mais pas à la LPP
Les dividendes, quant à eux :
- Pas soumis aux charges sociales
- Bénéficient d’une imposition partielle
- Dépendent du résultat distribuable
Un bon schéma de rémunération, ce n’est pas le moins d’impôts possible. C’est le meilleur équilibre entre fiscalité, sécurité sociale et stabilité.
La prévoyance : un levier souvent sous-estimé
La prévoyance constitue un axe d’optimisation majeur, souvent négligé.
Elle peut être structurée de manière plus avancée, notamment via la prévoyance professionnelle (LPP).
Des mesures telles que les rachats volontaires permettent :
- De réduire la charge fiscale
- De renforcer la couverture à long terme
Conclusion : l’intelligence, c’est l’adaptation
Se payer intelligemment, ce n’est pas appliquer une recette magique.
C’est :
- Comprendre sa structure
- Adapter sa rémunération
- Anticiper (impôts, AVS, retraite)
Une réévaluation régulière permet ainsi d’éviter que la forme juridique ou le mode de rémunération ne deviennent un frein à la performance globale.






